LA TISSERANDE (2008)
Cire et cheveux
La Tisserande, série de deux ‘tableaux’ en trois dimensions, s’inspire […] de l’esthétique du reliquaire. L’image équivaut la chose réelle, dont la composition - ou mise en scène - transcende la perception physique d’un objet au profit d’une idée. C’est un vocable constant du travail de Pauline Hersart. Ici, deux sexes mâles, comme un Janus aux deux visages, sont sublimés de cheveux blonds, noués, tressés, selon un savoir-faire ancestral. La cire, familière de l’univers anatomiste médical, du cabinet de curiosité, rejoint la statuaire sacrée des églises où l’érotisme des métonymies corporelles, dévoilées, occultées, annule, entre attirance et répulsion, toute tentative d’opposition chaste ou sexuée, entre l’homme et la femme.
Le blanc religieux, synonyme de pureté, se fond à sa valeur moderne et hygiénique, celle du White Cube, de la céramique de laboratoire ou de l’urinoir, surface de projections.
Charles Garcin, curateur